| Il était une fois une jeune fillette Qui avait nom «Sabou». Une fleur de beauté ! Tout homme en la voyant pensait : ‘ En vérité, Quand viendra le moment, je me mettrai en quête De demander sa main, non pas pour un ami, Tout simplement pour moi ... La pucelle est trop belle !’ Quand elle fut nubile, apprenant la nouvelle, Un riche se leva, à l'hôte s'en remit. Son logeur prit l'affaire à coeur. Selon les rites, Le lendemain matin, tous deux s'en sont allés Expliquer au papa le but de leur visite. - L'étranger que voici, dit le logeur, comblé Serait, s'il obtenait ta fille en mariage. Sabou, qui s'occupait aux travaux de ménage, Devinant le sujet de la conversation, S'en vient près de son père et lui dit à voix basse - Que veut cet étranger, qu'est-ce donc qui se passe ? - Il vient pour t'épouser, dit-il. En réaction, Sabou, de l'inconnu s'approche pour lui dire - Ami, sais-tu le sens de tout événement ? - Hélas non, répond-il, je ne sais guère lire Le passé, le présent ..., l'avenir nullement ! - Dans ce cas, l'étranger ! Tu ne peux m'épouser ! | Un autre riche vient, trouve un intermédiaire Pour demander sa main ... Sabou dit à son père - Papa, cet inconnu ... Pourquoi est-il venu ? - Il te veut en mariage. Tu sais bien, tu as l'âge. Et Sabou, tout de go, de dire à l'étranger - Ami, sais-tu la signification des choses ? - Que non, dit l'inconnu, ni leur sens, ni leurs causes. - Dans ce cas, dit Sabou, n'en sois pas outragé, Tu ne peux m'épouser. ... La belle mûrissait. Les riches soupirants en étaient pour leur peine. Chaque mois qui passait, Sabou embellissait Et tous les prétendants entendaient la rengaine - Ami, tu ne peux m'épouser, Si les choses Ou leurs causes Tu ne sais pas les soupeser. Pour finir, agacés de son refus constant, Les voisins, les aînés et les cadets du père Refusèrent à leur tour de faire intermédiaire. - Ce n'est plus notre affaire, on y perd tout son temps. Il est clair, disaient-ils, que le père et la fille Se sont bien mis d'accord. L'histoire fit grand bruit Et dans tout le Mali, aucun fils de famille N'osa plus se risquer, de peur d'être éconduit.... (la suite dans la publication) |